Si Onesto était un film, ce serait une comédie dramatique. De celles qui vous font vibrer et vous emportent avec elles dans leur histoire à la fois romanesque et tragique.
Deux frères jumeaux séparés dans leur toute petite enfance, puis réunis, sont amoureux de la même femme, l’intrigue est convenue mais la manière de la narrer est originale.
Un soir de tempête, Francesco abrite un vieil homme nommé Guido Contin, dit Cognac. Une amitié va naître entre eux, par le biais de la lecture des lettres que lui présente Guido Contin, dit Cognac. Chacune de ces lettres est adressée à une montagne des Dolomites. Francesco découvrira ainsi, au même rythme que le lecteur, une belle histoire d’amour, un roman d’aventures, de vengeance, la cruauté de la guerre, la force de la fraternité, toute la vie d’Onesto, Santo et Céleste, qu’il ne veut pas quitter parvenu à la dernière lettre.
Si le lecteur n’est pas dupe (le twist final est évident dès le départ), il se laisse happer par cette histoire romantique et déchirante à souhait, l’écriture est belle et simple, comme quoi, on peut encore trouver une littérature feel-good d’excellente facture, sans mièvrerie.
Une très belle découverte de cet auteur italien contemporain, dont Onesto est le premier titre traduit en France.
Calmann-Lévy, février 2026, 269 pages, prix : 20.50 €, ISBN : 978-2-7021-9445-4
Dans une étrange boutique à la sortie de l’école, un vieux monsieur vend toutes sortes d’objets à des enfants en quête d’eux-mêmes ou d’un besoin précis. A travers de courtes histoires, dans une atmosphère étrange et fantastique, des enfants nous livrent leurs peurs, leurs émotions, leurs drames, l’ensemble est suffisamment mystérieux pour que chacun en fasse sa propre lecture. Néanmoins le texte, si la référence à Stephen King est évidente pour l’adulte, est tout à fait accessible à des enfants à partir de 8 – 9 ans, où chacun interprétera à sa manière. Qui est cet étrange vendeur ? un marchand inquiétant qui récupère les peurs et les secrets des enfants ? un passeur qui accompagne des âmes ? un gardien des souvenirs d’enfance ? une figure symbolique du temps qui emporte tout mais conserve quelques traces ? Le gardien de l’enfance elle-même ? Qu’est-ce qu’on perd en passant de l’enfance à l’âge adulte ?
J’aime beaucoup le travail d’Enora Saby à l’illustration, qui utilise une palette de couleurs variées (mais le plus souvent dans les tons froids), certaines planches impressionnent par la lumière qui s’en dégage, d’autres rappellent la peinture ou le cinéma d’animation, toutes contribuent à traduire l’atmosphère étrange et la solitude des personnages.
Une belle harmonie texte - image.
Actes Sud jeunesse, octobre 2025, 88 pages, prix : 15.90 €, ISBN : 9782330212209
Crédit photo couverture : Enora Saby et éd. Actes Sud Jeunesse
Une jeune mère de famille fait garder son enfant par une assistante maternelle. Cette dernière est convoquée au poste de police au sujet de son propre fils, Rafaël, 19 ans, porté disparu.
Mina, la nounou, perdue et effarée, demande de l’aide à la maman du petit Lucas. La narratrice, romancière, accepte de l’accompagner et de lire le carnet laissé par Rafaël.
Très vite se dessine une affaire de pédocriminalité, qui va remémorer à la jeune maman de douloureux souvenirs, son amie d’enfance Laura, ayant brusquement disparu à l’adolescence et n’ayant jamais redonné signe de vie.
L'alternance des récits en très courts chapitres, surtout dans la première partie, en fait une lecture facile et rapide. 2 twists (prévisibles, car je les avais devinés) rendent le roman un peu moins convenu qu’il ne l’était jusqu’alors, le lecteur ayant souvent une longueur d'avance sur le récit.
La narratrice rencontre un psychiatre spécialisé qui lui explique qu’« Aujourd’hui plus de 30 % des gamins de dix ans passent plus d’une demi-heure par mois à mater de la pornographie. Voilà les derniers chiffres de l’Arcom en 2023. Le monstre social ce n’est pas un seul gamin avec une sexualité déviante, ils sont des milliers. » (p. 337). La société et l’absence ou l’insuffisance de protection des mineurs qui en font des « monstres » sont tout autant responsables.
Le procès permet aussi à l’accusé de s’exprimer et cette partie est réussie dans l’expression des différents points de vue. L’analyse des faits démontre toutefois que ces affaires de pédocriminalité ne sont jamais simples.
Ayant compris les retournements de situation, j’ai trouvé le roman moins exceptionnel qu’annoncé, mais la construction en imbrications fonctionne et invite à la réflexion au-delà du tout noir ou tout blanc.
Extraits :
p. 251 : « Un matin à la radio, je tombai sur une émission dédiée à Romain Gary et cette phrase de La Promesse de l’aube. La littérature est le dernier refuge, sur cette terre, de tous ceux qui ne savent pas où se fourrer. Ayant passé le plus clair de mon existence à chercher mon strapontin à moi dans un coin de ce monde, la formule a fait mouche. Si les auteurs sont ces errants sans cesse en quête d’un lieu où être, qu’en est-il de ceux qui peuplent leurs romans ? Si Gary était en face de moi, il pourrait répondre à cette question. Tout bien considéré, nos bibliothèques seraient des endroits bien infréquentables, truffés d’existences condamnées sans cela à errer dans les interstices. Un sas entre les hommes et les monstres. »
p. 352 : « L’amitié est un sentiment qui, comme l’amour, se nourrit du moindre signe. La plus petite attention marque l’intérêt de l’autre à votre égard. Et vous voilà récompensé. De ce point de vue, l’amitié est une drogue ».
Éditions Grasset, mars 2026, 403 pages, prix : 24 €, ISBN : 978-2-246-84610-9
Dix ans après avoir coupé les ponts avec ses parents, un homme revient sur ce qui l’a conduit à ce choix : la violence sourde ou parfois explosive de son père, l’emprise que celui-ci a sur sa femme (la mère du narrateur) et ses enfants. Il décrit d’une manière extrêmement froide, détachée, le comportement du père et l’effacement total de la mère. S’en libérer ne pouvait que se traduire par un départ.
J'ai aimé l’analyse de la situation, la précision de l'écriture, jusque dans sa ponctuation, chaque mot choisi est le bon, le registre lexical est fort (concentrationnaire, déportation, voir extraits ci-dessous). Ce choix réfléchi et soutenu rend la lecture exigeante, mais permet d’être au plus juste.
Pour moi, l’anniversaire est un "grand" livre. Ou comment la littérature, peut, par la langue, dénoncer sans larmoyer, affirmer et déranger.
Extraits :
p. 45 : « L’essentiel était pourtant ailleurs : grâce à son emploi au supermarché, elle avait quelque chose à raconter, ce qui n’était jamais arrivé auparavant et qui n’arriverait plus ensuite. Elle parlait des clients qu’elle avait servis, des tâches ordinaires que comportait une journée dans le magasin. Des tâches ordinaires, mais extraordinaires pour elle qui les vivait et pour nous qui l’écoutions. A bien y réfléchir, ma mère fut la seule à faire entrer, le temps de quelques mois, la réalité d’une province dans ce qui constituait en tout point un petit univers concentrationnaire. »
p. 53 (déménagement dans le Nord) : « Il est difficile de définir l’impression qu’un changement si radical suscita chez ma mère. Je ne crois pas qu’elle l’interpréta uniquement comme une déportation ; peut-être était-elle rassurée de voir mon père prendre la situation en main. »
p. 67 « Tel fut, je le crois, l’un des grands malentendus entre mes parents : mon père voulait qu’elle ne soit rien, de façon à pouvoir, lui, être quelque chose ; et ma mère voulait n’être rien, car n’être rien était au moins quelque chose. »
p ; 100 : « Quant à ma mère, l’absence de peur qu’elle ressentait pour mon père lui garantissait une zone franche de malheur imperturbable. Voilà pourquoi, comme je l’ai déjà dit, ma mère était plus forte que mon père ; au fond, elle gagna le match qui s’opposa à lui. Et perdit celui qui l’opposait à la vie. Mon père réduisit en poussière et débris toutes sortes de liens, familiaux ou non. Il transforma l’existence de sa femme en un désert sans vie à l’horizon. Si ce n’est qu’elle était la seule capable d’habiter ce désert, la seule à avoir exprimé une renonciation aussi totale, aussi définitive, à tout. »
p. 109 : « c’était désormais une évidence : tout lui échappait, et, dans le système concentrationnaire qu’il avait construit, il ne lui était plus resté que sa mère à invoquer et la mienne à garder sous son emprise. »
p. 138 : « Est-il possible d’abandonner ses propres parents ? Ou mieux, est-il possible de se dérober à eux, tout simplement en effaçant son corps d’un geste net et définitif ? Et de les condamner à vivre, jusqu’ à la fin de leurs jours, pour ainsi dire, avec un membre fantôme ? On ne peut pas donner ce genre de réponse de manière affirmative. On peut juste le mettre à exécution, et c’est ce à quoi je m’employai avec la pondération définitive que seul l’instinct accorde, car autrement la raison, apeurée, reculerait. »
p. 153 (…) j’étais reconnaissant à la thérapeute (…) de m’avoir expliqué que l’une des façons d’exprimer la violence était la destruction, mais que l’autre, plus importante et pour ainsi dire vertueuse, était la précision. Ce fut une sorte de chant funèbre. »
Gallimard, coll. du monde entier, janvier 2026, 153 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-07-308338-8
« Pour faire une histoire, il faut toujours un point de départ. » C'est le sous-titre de l'album.
C’est une évidence. Prenons-la au sens propre. L’auteur propose donc 2 points : un vert et un bleu. (Là inévitablement, on pense à Hervé Tullet et à ses ronds). Lequel choisissez-vous ? « C’est parti pour le vert ». L’histoire se construit. Il faut du temps, de la patience, comme dans la vie. Vous ne naissez pas déjà adulte n’est-ce pas ?
Laissons l’histoire prendre sa place dans le livre. L’histoire, et l’illustration bien sûr, indissociable. Un ourson, un écureuil, des oiseaux. La nature, l’amitié, des bonheurs simples. Mais parfois, la peur, la sidération surgissent. Page noire. Un méchant s’invite. Ici il est incarné par un loup, c’est un album jeunesse, ne l’oublions pas. Mais libre à vous d’imaginer le remplacer par tout autre chose : la montée du fascisme, du totalitarisme, ou ce que vous voulez. L’histoire continue, ailleurs, autrement. Vous avez le droit de lutter et de continuer à rêver.
On vous laisse la surprise de la chute. Mais rappelez-vous, il y avait deux points. Un vert et un bleu. Construisez vos histoires, il suffit… d’un point de départ. Le reste n’est qu’imagination, rêve, création… et littérature.
J'ai adoré cette petite vieille, qui s'exprime sans filtre, aigrie, voire méchante. Dès les premières planches, l'humour est acide, et la vieille détestable. Mais la tendresse prend vite le pas sur l'amertume dans le registre des émotions, car elle porte avant tout un regard lucide sur la vie, celle qui fut la sienne, celle qui l'attend, le monde d'aujourd'hui et la réalité de la mort qui est son seul avenir, dans la douleur de la solitude.
Féministe avant l'heure, elle mérite qu'on la considère. Elle renvoie aux plus jeunes qui la lisent l'histoire de la place de la femme dans le couple et le foyer, l'absurdité du conformisme et de la société de consommation (ah la fameuse Comby !)
Et nous vient l'envie d'aller râler avec elle, pour ne pas la laisser seule, car si le miroir qu'elle nous tend est cruel, il n'en est pas moins à-propos.
Les choix graphiques, l'alternance des strips plus ou moins longs, les silences, les titres à la typo aussi ridée et tremblotante que la peau du personnage contribuent à la vivacité de l'ensemble.
Une réussite, merci Delphine Panique pour ce regard qui interpelle !
Misma éd., nov. 2025, 120 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-494470-21-1
Crédit photo couverture : (c) Delphine Panique et Misma éditions.
Ce blog a aujourd’hui 20 ans, ce qui en âge d’internet, en vaut bien une éternité.
Image générée par l'IA, vous ne croyez quand même pas que j'allais acheter des cupcakes et des tulipes en plastique :-D
Il est un peu à l’abandon depuis quelques années, les échanges entre lecteurs passionnés ont disparu, mon temps consacré aux billets est devenu peau de chagrin.
Il y a 20 ans nous étions une poignée, et nous avions fini par bien nous connaître, sans même nous rencontrer. Nous étions libres de nos écrits et nous étions enthousiastes et sincères.
Ces dix dernières années, j’ai souvent été interrogée, en tant que bibliothécaire, par des étudiant.e.s en métiers du livre qui avaient choisi pour sujet de mémoire la prescription littéraire sur les réseaux.
J’ai toujours ces mêmes réponses critiques qui les surprennent. (Ceux qui m’interrogent aujourd’hui sont plus jeunes que mes propres enfants, et n’ont rien connu des blogs littéraires, un truc de boomer à leurs yeux).
Les sites participatifs se font de l’argent sur le dos de leurs lecteurs rédacteurs, si par exemple nous souhaitons enrichir nos catalogues de bibliothèques publiques des avis de tel grand site, ledit site nous facture (cher) son service, pour diffuser sur la requête d’un titre ces critiques que vous lecteurs y mettez gratuitement.
A titre personnel, je consomme beaucoup de contenu littéraire sur Instagram et YouTube. Enfin je consommais, car aujourd’hui je m’en détache, et aux lecteurs lambdas je préfère quelques auteurs, ou quelques rares comptes audacieux.
Les influenceurs littéraires sont des outils marketing qui montrent bien plus qu’ils ne présentent. Combien de bookhauls, de mises en scène, d’annonces de futures sorties, pour combien de retours de lecture riches et intéressants parce qu’argumentés ?
Quel intérêt ai-je à regarder quelqu’un me déballer les colis du jour, me montrer des couvertures, et pire, me lire des quatrièmes de couverture ? Ne faites-vous même plus l’effort de la lire avant pour me la résumer en 2 phrases à votre manière ? ça demande trop d’effort ? Quel intérêt – et quel ennui ! – que cette lecture en direct et à voix haute d’une 4e de couv forcément commerciale, quand je peux en quelques minutes la découvrir dans n’importe quelle librairie, en ville ou sur le net ?
Ce qui semble toujours surprendre ces étudiants des métiers du livre biberonnés aux réseaux sociaux, c’est que je conclus toujours que ces « influenceurs » n’influencent en rien mes achats en tant que professionnelle. A la quantité je préfère la qualité, j’en reviens toujours aux vraies critiques littéraires dans la presse, qu’elle soit professionnelle (Livres Hebdo, Page des Libraires, Kibookin, Lecture Jeune, etc.) ou non (Le Monde, Télérama, etc.). Sans oublier la radio. (Je pourrais citer la télé mais je ne l’allume jamais).
Quant aux sorties, tous les éditeurs sont sur le web aujourd’hui, et les libraires font bien leur job, ce ne sont pas les influenceurs qui m’informent d’une parution.
J’ai découvert en ce début d’année une blogueuse vraiment intéressante, tant ses chroniques sont nourries, argumentées, intelligentes. Elle a d’ailleurs écrit d’excellents billets sur ce que sont les réseaux sociaux du livre aujourd’hui.
Je ne peux que vous rediriger vers elle : Aude bouquine, blog littéraire. Et elle assume – et mérite amplement – le complément de « blog littéraire ». Elle ne vous vend pas le montage photo d’un bouquin perdu entre des fleurs en plastique made in China et des tasses fleuries achetées pour l’occasion, mais elle vous parle de de ses lectures. Vraiment. Et si elle annonce des sorties littéraires, elle a changé son prisme. Tout comme elle se réinterroge dans son bilan annuel de lectures.
Quant au bilan annuel de lectures, vous aurez remarqué (ou pas) que je n’en ai pas fait cette année.
Quel sens cela a-t-il encore de vous dire que j’ai lu tant de livres ? Le seul détail qui me distinguait des autres, et seul Laurent (In cold blog pour les anciens, the autist reading ensuite, qui semble avoir basculé tous ses comptes en privé) l’avait remarqué et l’attendait, c’est le prix de mes lectures.
Si j’avais acheté les 99 romans et BD que j’ai lus en 2025, j’aurais dépensé 1816,69 €.
Mais parce que je fréquente les bibliothèques et achète finalement assez peu à titre personnel autrement que pour des cadeaux, je n’ai dépensé pour mes lectures que 86,90 €.
Je ne reçois pas de services de presse, mais j’ai accès aux plateformes professionnelles d’épreuves. Elles ne me sont finalement que peu utiles, car je n’éprouve pas de plaisir particulier à lire en avant-première, et je lutte de plus en plus contre la péremption d’un roman 3 semaines après sa sortie. Oui, 3 semaines, c’est souvent sa durée de vie en librairie, s’il ne décolle pas immédiatement, il sera dans les retours, les cartons de nouveautés arrivant tous les jours. En bibliothèque, nous sommes moins soumis à cette pression, et encore, les lecteurs savent bien nous la mettre, quand ils nous réclament leur Mélissa da Costa ou leur Michel Bussi le jour de leur sortie. Ça, ce n’est pas notre boulot. Bien sûr que nous les achèterons, mais nous ne sommes pas des librairies gratuites. Lisez nos chartes des collections et nos politiques documentaires, et la loi Robert. Pas de pression, ni politique, ni idéologique, ni commerciale. Si vous êtes impatients, allez voir les libraires, ils ont besoin de vous.
Alors oui j’ai lu en 2025, à peu près comme d’habitude, peut-être un peu moins, quelle importance, et 2026 commence loin de la lecture, pour toutes sortes de raisons, le travail ayant trop envahi ma vie ces derniers mois.
J’aimerais revenir au blog, aux lectures choisies indépendamment de leur actualité, retrouver un échange simple et sincère avec les lecteurs du web.
En 2025, j’ai découvert, grâce à ma libraire, Madeline Roth, que je ne connaissais qu’en littérature ados, et que j’ai savouré en littérature générale. Je la suis depuis sur Instagram. Elle y parle de ses lectures et de cinéma comme j’aime à la lire, et ses romans me parlent plus que de raison.
Je suis restée fidèle aussi à Alice Ferney, à Blondel et Jérôme Attal, (curieusement je ne les ai pas chroniqués), et pour les autres, il ne m’en reste pas grand-chose.
Consommer moins pour consommer mieux ?
En 2025, j’ai aimé, j’ai souffert, j’ai pleuré
J’ai rêvé, j’ai fait des cauchemars
J’ai lu, j’ai écrit (ailleurs qu’ici), j’ai rêvé
J’ai hésité, je n’ai pas osé, j’ai regretté.
J’ai mis des roses sur des cercueils, j’ai pleuré (Estelle, 52 ans ; Georges, 65 ans)
J’ai pris un mois de vacances, ça ne m’était jamais arrivé, je n’ai pas bougé
J’ai passé 48h à Belle-Ile en mer, un peu plus à Karlsruhe, et des poignées d’heures à Paris.
Je me suis adaptée à tout, toujours, tous les jours, avec fatigue et rage parfois.
J’ai hésité encore, je n’ai pas regretté.
J’ai tenu un nouveau-né dans mes bras,
Je suis devenue grand-mère,
J’ai pleuré, de joie et d’amour.
En 2006, à la création de ce blog qui prenait le relais de mes notes sur Zazieweb et Critiques Libres, Mosquito, ma petite dernière, fêtait ses 5 ans. Dimanche, dans quelques jours, Constance de son vrai prénom, fêtera ses 25 ans.
En 2026, j’aimerais retrouver la littérature, le choix de mes lectures, m’éloigner du travail et me protéger de sa toxicité, revenir au cinéma, dormir, écrire, prendre soin – d’abord – de moi.
Belles lectures, ici ou ailleurs, bande de lecteurs 😊